
Je marche dans un grand parc, au pas lent du promeneur.
Respirant le bon air qui me vient de la mer : Les allées sont presque désertes,
Ainsi : L’on peut dire bonjour sans avoir l’air ridicule.
Quand soudain ! Au détour du chemin, un rouge gorge m’aborde…
Me fait voir mon univers par l’autre bout de la lorgnette.
Se pose sur mon épaule et me dit : « Je te prends pour un arbre, sois gentil de marcher doucement, car je suis fatigué de voler. »
Je reprends mon pas payant qui me pousse vers l’avant, avec mon compagnon qui chante dans le vent ! Sautillant sur mon épaule, il me murmure à l’oreille :
« Un cadeau je vais te faire, écoute attentivement ! »
Quelques notes de musique par mes sens atteignent mon esprit, se parent de mot, descendent à ma bouche pour que mes lèvres au présent les fredonnent.
« Quand les mots chantent dans ma tête, je m’en vais où là, je m’en vais où ça,
Je m’en vais faire une chansonnette qui j’espère vous plaira ! »
« Merveilleux petits oiseau ! Pourquoi à moi ? Pourquoi ici ? » Il me répond gentiment : C’est que tu vois la vie tout autrement, tu es resté un grand enfant »
« Mais continuons ! La visite n’est pas finie. »
Nous croisons alors une divine, qui surprise, s’indigne, et me prend pour un fou,
À parler ainsi tout seul… Mon ami à ses yeux se montre.
La belle ébahie, me dit :
« Monsieur ! Sur votre épaule ! Un oiseau ! Un oiseau ! »
Prenant ses mains, les posant sur mon cœur ; je lui fredonne mon jeune refrain :
« Quand les mots chantent dans ma tête, je m’en vais où là ! Je m’en vais où ça !
Je m’en vais faire une chansonnette qui j’espère vous plaira…
Oh ! Douce inconnue venait avec nous, car dans mon univers de telles fleurs il n’y a pas. » La fille conquise ! À mon bras soumise; me dit :
« Oh ! Monsieur, emmenez-moi dans ce monde inconnu. »
Je l’entraine alors dans ma sphère d’argent, et dévoile à ses yeux, mille beaux tourments…
Qui de mes cieux aux couchés, et levés de soleil surprenant !
Qui de mes étendues d’eau, qu’elles soient Océans, lacs ou étangs !
Mes sentiers de montagnes où raisonnent encore, les carillons de mon enfance !
Ici tout est chaleur, lumière, couleurs, senteurs !
« Madame ! Il nous faut partir, car ici nul ne demeure… »
La sphère doucement se referme ; Et nous sommes à nouveau dans le parc.
Alors la belle me dit :
« Oh ! Qu’elles douces vibrations, comment en ces lieux vous remercier Monsieur ? »
« Un amical baiser suffira très chère. »
Sa bouche sur ma joue se pose, et elle disparaît, ainsi que l’oiseau qui m’a fait rêver…


